mardi, novembre 30, 2010

Chapitre 2 - La main invisible

Pour reprendre le thème fétiche des penseurs libéraux, on peut se poser la question de la réalité de cette main insible qui va réguler les marchés, en tenant en compte offre et demande pour parvenir à une situation d'équilibre absolu.
Etudiant en économie j'ai eu envie de vomir lorsque j'ai lu "recherche sur les causes et origines de la richesse des nations" d'Adam Smith. Ce dernier expliquant notamment qu'un déséquilibre sur le marché de l'emploi devait se résoudre in fine par la mort (de faim notamment) des travailleurs les plus pauvres pour réguler le marché de l'emploi...
On peut aujourd'hui s'appuyer sur un autre des économistes classiques, peut être le dernier, en citant Marx : "le capitalisme mourra de ses propres contradictions".
Et on peut aujourd'hui se poser la question de savoir si la main invisible n'est existante, non pas comme régulaion du marché mais comme régulation des politiques économiques entre elles. En effet, en faisant le lien entre Smith et Marx on pourrait se demander si le résultat des politiques néolibérales ayant fait une OPA sur le système économique mondial ne va pas engendrer en réaction à ses abus une nouvelle pensée économique pronant la régulation des marchés. (à moins que l'on soit projetté dans la guerre comme facteur de régulation, perspective crédible si l'on voit la monté du populisme d'extrême droite notamment)
C'est un peu comme si la bête allait créer son antithèse où en tout cas faire renaitre des positions aujourd'hui oubliées comme le keynésianisme ou l'hypothèse communiste.
Naomi Klein a fait un remarquable travail à la fois historique et économique en mettant en lumière les relations étroites entre libéralisme avancé tel que prôné par l'école de chicago et les systèmes totalitaires ou bien encore par le verrouillage des capacités d'action politique face à la toute puissance des marchés.
L'appel du 7 décembre, relayé par Eric Cantona, est symptomatique de ce mouvement de fond qui traverse l'opinion qui pense qu'il est désormais nécessaire de tenir des positions radicales pour changer le système. A ce sujet, il est intéressant de constater que ce qui fait aujourd'hui l'unanimité chez les élécteurs c'est de croire qu'entre la gauche et la droite dites classiques, ce sont les mêmes politiques qui sont appliqués. Pourquoi ? Parce que le véritable centre du pouvoir a été déporté, confisqué et renvoyé à certaines sphères qui ne répondent d'aucune loi et certainement pas le suffrage universel. C'est notamment le cas pathologique de notre europe et à titre d'exemple de sa banque centrale indépendante ou encore de sa politique libérale inscrite dans le marbre des traités.
D'ailleurs si l'on regarde l'histoire de ces traités, on remarquera qu'aujourd'hui le vote populaire (58% de non en France au référedum) ne compte plus puisque l'on en tient pas compte.
Pour en revenir à l'appel du 7 décembre, qui nous invite tous à retirer notre argent des banques, cette intention est louable mais vouée à l'échec, pourquoi ?
Parce qu'il n'existe aujourd'hui aucune structure pour nous permettre de garder nos fonds monétaires et que l'on imagine mal chacun mettre ses euros sous son matelas. Par ailleurs, il faudrait une telle ampleur de ce mouvement qu'aujourd'hui il n'est pas envisageable de croire en ce succès. Nous apparaissons avec ce type d'initiative comme faible vis à vis de nos ennemis de la finance mondialisée. Nous devons les faire rire, avec nos petites actions qui ressemblent à des piqures d'insectes sur un géant.
Il est nécessaire aujourd'hui de se structurer pour lutter contre l'abhération capitalistique. Je trouve particulièrement choquant aujourd'hui que ce système pourri jusqu'à l'os puisse mettre en place le mécanisme que nous voyons à l'oeuvre avec la crise financière. Pour résumer, des spéculateurs ont mis à mal le système financier par leur avidité (1ere crise des subprimes), cela a conduit à un plan de sauvetage des etats pour éviter la déroute, résultats, les états se sont endettés pour financer ce plan de sauvetage mais aussi pour soutenir la croissance rendue atone par cette crise. Au lieu d'être reconnaissant et d'agir avec le minimum d'éthique que font les marchés ? Ils spéculent sur les dettes des états et attaquent notamment l'euro au travers des agences de notation, pilier de ce système. Pour éviter une agravation de la crise, on lance des plans d'austérité qui impose des efforts considérables aux citoyens qui payent les dégâts causés par une clique de nantis qui se sont enrichis au passage. Pour couroner le tout, on s'endette encore et on profite de cette crise pour resserer le garot qui pèse sur les peuples en demandant encore plus d'efforts. Pendant ce temps, les profits des spéculteurs s'acroissent.
Ce n'est que pur folie.On est en plein dans les contradictions intrinsèques décrites par Marx.
Mias comme "à long terme nous serons tous morts", il est urgent d'agir non pas dans l'attente du grand soir mais bien au quotidien, en reprenant la main sur le système et pour le faire, nous devons utiliser le maché contre lui. Nous pouvons faire preuve d'imagination, créer nos propres banques, concentrer nos actions pour contrôler les sociétés, les possibilités du marché sont grandes y compris pour le détruire, ou à tout le moins le moraliser.
Les français sont des révolutionnaires, ils peuvent aujourd'hui reprendre les rennes de leur destin et insufler une nouvelle révolution qui devra être européenne pour parvenir à modifier durablement les choses.
Il est temps de prendre en main notre destin.
Que tous ceux qui souhaitent participer à cette aventure s'unissent.